Risque, aléa et importance d'une éruption

Aléas et risques sont deux notions très différentes!

L’aléa se définit par rapport aux phénomènes, survenus lors d’une éruption, susceptibles d’engendrer une menace. Le risque est la probabilité, pour l’aléa, d’engendrer pour la collectivité des victimes humaines et des dégâts matériels. Il fait donc appel à la notion de vulnérabilité de l’homme et de ses biens.
Considérons, par exemple, un volcan actif qui émet périodiquement des bombes et des coulées de lave sur ses flancs. S’il est situé dans une région inhabitée, le risque sera nul. Par contre, si les flancs de ce volcan sont densément peuplés, les risques seront proportionnels à la fréquence de l’aléa, à la valeurs des biens menacés et à la densité de la population.

Les sept aléas volcaniques

L’organisation IAVECI (International Association of Volcanology and Chemistry of the Earth’s Interior) a défini sept aléas volcaniques à risque élevé. Ces aléas ont été subdivisés en deux groupes :

  • Aléas primaires, directement liés à l’activité éruptive. Ils comprennent : les coulées de lave, les nuées ardentes, les panaches de cendres et les nuages de gaz nocifs.
  • Aléas secondaires, résultant de la conjonction de processus différés dans le temps et dans l’espace. Indirectement liés aux éruptions, ces aléas sont souvent déclenchés par la combinaison de processus volcaniques et hydro-météorologiques. Leurs conséquences sur l’environnement peuvent s’avérer dramatiques. Ils comprennent : les raz-de-marée (tsunamis), les coulées de boue (lahars), les glissements de terrain.

On peut ajouter à cela d’autres conséquences comme la famine, les épidémies et la contamination des eaux souterraines et de surface... Les risques, qui découlent de ces aléas, peuvent perdurer des décennies après l’éruption et même longtemps après que le volcan soit considéré comme inactif.


Le type d’une éruption et les risques associés dépendent largement de l’ampleur de l’éruption, de la composition du magma émis et de l’environnement dans lequel a lieu cette éruption. Une éruption strombolienne modeste dans une région très peuplée constituerait un risque beaucoup plus important qu’une éruption explosive majeure dans une région désertique. En France, les zones soumises actuellement au risque volcanique se trouvent dans les DOM-TOM, notamment à la Martinique, la Guadeloupe et la Réunion. La Polynésie française et le Massif Central sont également concernés, mais à des degrés moindres.

Pour quantifier l’importance d’une éruption, on lui assigne un chiffre de 0 à 8 sur une échelle logarithmique. Cette échelle est appelée Indice d’Explosivité Volcanique (VEI). Elle tient compte du volume de matériel éruptif émis, de la hauteur du panache engendré par l’éruption et de la durée de la phase éruptive principale.


Le 18 mai 1980, l’éruption du Mont St-Helens, en éjectant environ 1 km3 de magma, a produit une colonne éruptive qui s’est élevée jusqu’à 17 km. Le souffle résultant de cette explosion a dévasté l’ensemble du massif forestier sur 600 km2 autour du volcan. On a attribué à cette éruption un VEI de 5. La grande majorité des éruptions volcaniques actuelles ont un indice VEI qui ne dépasse pas 3.


La Terre, dans un passé très récent, a connu des éruptions phénoménales, comme celle de Yellowstone ou de Long Valley, auxquelles on a attribué respectivement un VEI de 8 et 7. Aucune éruption de cette ampleur ne s’est heureusement produite dans la période historique. En revanche, si la probabilité de telles éruptions apparaît faible à l’échelle du temps humain, l’histoire géologique révèle qu’il s’en est produit de façon régulière ! On commence à parler de ces phénomènes, récemment popularisés sous l’appellation « supervolcans ».

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Surveillance et protection

Les signes précurseurs des éruptions

Les signes précurseurs des éruptions : on dispose d’une panoplie de moyens et d’instruments installés sur le volcan ; mesure des déformations du sol, des écartements de fissures, des variations de distance entre deux points, des variations de température et d’émissions de gaz volcaniques, anomalies de gravimétrie ou de propriétés électriques du sol.


Les sources d’eau peuvent changer de composition, de température, de débit.
Depuis l’espace, des satellites enregistrent les anomalies thermiques d’un volcan, ses déformations (par interférométrie) ou d’autres signaux électromagnétiques qui, conjugués aux données recueillies sur le terrain, aident à établir un diagnostic.

Catastrophes liées au volcanisme

L’Organisation des Nations Unies et l’Unesco ont répertorié une centaine de volcans à haut risque dans le monde, dont une grande majorité autour du Pacifique : c’est la fameuse « ceinture de feu ». Aujourd’hui, on dispose de statistiques précises et complètes. Depuis l’année 1700, 27 éruptions, ayant fait plus de 1000 victimes chacune, ont été recensées. Durant cette même période, d’autres éruptions moins importantes mais plus fréquentes, étaient responsables de plus de 10 000 morts supplémentaires. Ainsi, les volcans tuent rarement !


En moyenne, la Terre connaît plusieurs éruptions catastrophiques par siècle. Durant le XXe siècle, le Nevado Del Ruiz en Colombie et la Montagne Pelée en Martinique ont fait respectivement 23 500 morts en 1985 et 28 000 en 1902. Au XIXe siècle, l’Indonésie a été particulièrement touchée, puisqu’on a déploré 36 600 victimes au Krakatau en 1883 et plus de 90 000 au Tambora en 1815. Les vestiges de Pompéi (Vésuve, 79 ap. J.-C.) et de Santorin (XVe siècle avant l’ère chrétienne) témoignent aussi de catastrophes passées.

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Les éruptions les plus meurtrières (depuis le XIXe siècle) :

  • la plus meurtrière eut lieu en 1815, en Indonésie. Le volcan Tambora causa la mort de 92 000 personnes. Lors de son éruption, le panache atteint une altitude d’environ 40 kilomètres. L’explosion réduisit l’altitude du sommet du volcan de 4 000 à 2 650 mètres, formant une caldeira de 6 kilomètres de diamètre.
  • Montagne Pelée (Martinique, 1902), dont les coulées pyroclastiques causèrent en la destruction de Saint-Pierre et la mort de 29 000 personnes.
  • Santa Maria (Guatemala, 1902) : les retombées de cendres provoquèrent la mort de 6 000 personnes.
  • Mont Lamington (Papouasie-Nouvelle-Guinée, 1941) : 2 942 victimes lors de son éruption.
  • Agung (Bali, Indonésie,1963) : les coulées de boue suite à l’éruption tuèrent 1 900 personnes.
  • El Chichon (Mexique,1982) : il tua plus de 3 500 personnes et rejeta tant de cendres que le ciel s’obscurcit pendant 2 jours.  
  • Nevado del Ruiz (Colombie,1985) : ses coulées de boue (lahars) provoquèrent la mort de 25 000 personnes.
  • Lac Nyos (Cameroun,1986) : ses nappes de gaz carbonique firent 1 700 victimes.
  • Unzen (Japon,1991) : 45 personnes trouvèrent la mort, dont les volcanologues français Maurice et Katia Krafft.
  • Pinatubo (Ile de Luzon, Philippines,1991) : lors de son éruption, il tua 600 personnes.

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