Les Diables des Volcans

Maurice et Katia Krafft

Maurice et Katia Krafft, couple de volcanologues hors du commun, avaient pour quotidien de côtoyer les feux de la Terre aux quatre coins de la planète. Amicalement surnommés les "volcano devils", ils étaient attirés par les volcans "comme les papillons par la lumière". C’est ainsi qu’ils s’en approchaient toujours plus pour alimenter leur "boulimie d’éruptions", tout en enrichissant un extraordinaire fonds iconographique, à ce jour encore inégalé. Jusqu’à ce 3 juin 1991 où, sur les pentes du volcan japonais Unzen en éruption et malgré leur grande expérience du milieu et des risques volcaniques, le "toujours plus près" se transforma en "un peu trop près" d’une coulée pyroclastique qui leur fut fatale. S’ils connaissaient certes bien les volcans, leur permanent rapport au monde volcanique ne se limitait pourtant pas à en étudier, filmer et photographier les seules manifestations spectaculaires. Partie intégrante de la profonde passion qui les animait, le regard qu’ils portaient sur les volcans laisse encore transparaître, bien après leur disparition, l’expression d’une relation forte, non dénuée d’affectif.

Maurice et Katia Krafft, volcanologues français

Katia Krafft :

Née Conrad, le 17 avril 1942 à Soulz (Haut-Rhin). Passe avec succès le concours de l’École Normale en 1957. Puis, titulaire d’une maîtrise de géochimie, elle reçoit le Prix de la Vocation en 1969 pour ses premiers travaux de volcanologie.

Maurice Krafft :

Né le 25 mars 1946 à Mulhouse. Assiste à 7 ans à sa première éruption au Stromboli. Membre de la Société Géologique de France à 15 ans, il obtient une maîtrise de géologie à l’Université de Strasbourg en 1970.

Maurice et Katia se rencontrent à l’Université en 1966 et se marient en 1970. Dans l’intervalle, ils fondent le Centre de Volcanologie Vulcain à Cernay (Alsace) en 1968 et publient leur premier livre en 1971. Dès lors, au fil de leur vie consacrée aux volcans, ils écumeront ensemble plus de cent cinquante éruptions sur tous les continents. Ils publieront une vingtaine d’ouvrages, réaliseront six longs-métrages et participeront à nombre d’émissions télévisées, sans compter leur compétence de conférenciers émérites et infatigables, que près de quatre millions de spectateurs ont pu apprécier.

Ils initient la Maison du Volcan à l’île de la Réunion et participent à la conception scientifique de ce site, ouvert en 1992. Ils s’investissent aussi en Auvergne avec un projet initial, Volcania, qui constituera les prémices du Parc Européen Vulcania. Leur carrière, souvent récompensée, fut notamment honorée par le Prix Liotard de l’Exploration, remis le 25 février 1975 à l’Élysée par le Président de la République Valéry Giscard d’Estaing.

Le 3 juin 1991, au Japon, une coulée pyroclastique du Mont Unzen leur sera fatale, ainsi qu’à quarante-cinq autres personnes. Au même moment, ironie du sort, leur travail de sensibilisation aux risques majeurs des volcans explosifs évitera probablement des milliers de victimes. En effet, leur dernier film présenté aux autorités locales motivait une évacuation d’envergure peu avant la terrible éruption du Pinatubo, aux Philippines.

Après leur disparition, la collection Krafft, unique au monde, fut répartie entre le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris - qui accueille par dation à l’État une riche collection d’ouvrages originaux et d’iconographie ancienne - et l’association "Images et Volcans", créée pour gérer un impressionnant fonds images : environ deux cent mille clichés et plusieurs centaines d’heures de films.

À Vulcania, une part de la très belle collection d’échantillons est présentée au sein de l’exposition permanente, dans un espace qui leur est spécialement consacré.

Le site internet science.vulcania.com vous montre à travers les différentes rubriques un échantillon des nombreux clichés qu'ils ont réalisé au cours de leur carrière.