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Le lac Pavin…actif ?

menace d'éruption, de débordement ou d'un dégazage brutal ?

Des propos alarmistes ont été tenus ces derniers mois sur la région du lac Pavin, propos qui ont une nouvelle fois étaient relayés par les différents médias (radios et télévisions).

Que faut-il en penser ?

Voici ce qu’on peut retenir des dernières avancées de la recherche scientifique sur ce sujet « brûlant », synthèse des travaux présentés lors du colloque international qui a eu lieu du 14 au 16 mai dans la commune de Besse-et-Saint-Anastaise en Auvergne (département du Puy-de-Dôme), et dont le titre un peu complexe était : ‘Lac Pavin et autres lacs méromictiques’.
Au cours de ce colloque, des résultats d’études scientifiques menées ces dernières années sur le secteur du lac Pavin ont été débattus entre les spécialistes de différentes disciplines des Sciences de la Vie et de la Terre.
Une présentation au grand public était proposée au cours de la journée du samedi 16 mai, avec un excursion sur le terrain.
L'équipe scientifique de Vulcania partage en quelques lignes ce qui est ressorti des débats :

La zone du Pavin, par sa nature volcanique, son contexte géographique, sa morphologique spectaculaire et la « stratification » de ses eaux, est un lieu unique en Europe. Pour ces raisons, il mérite qu’on s’y intéresse de très près et que des études continuent d’y être menées, car nombre de questions restent mal élucidées. C’est ce qui devrait être fait dans les années à venir.
Il est ressorti assez clairement des débats qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter sur un « réveil » imminent du volcanisme dans ce secteur. Ce volcan (un maar) du Pavin, et trois autres édifices situés à proximité, étaient en éruption il y a 6900 ans ± 110 ans. Depuis, l’édifice volcanique est resté très calme, n’en déplaise de ceux qui rêvaient d’une éruption prochaine du volcan. Aucun indice de changement, ces dernières années, n’est scientifiquement recevable à l’heure actuelle.

Deux autres points ont fait l’objet de débat :

1. la possible libération spontanée de gaz contenus dans les eaux du fond du lac (entre –60 m et –92 m). Les mesures effectuées depuis une trentaine d’années montrent toutes que les concentrations en gaz (dioxyde de carbone et méthane principalement) sont beaucoup trop faibles pour provoquer un brusque dégazage des eaux du lac. Certains évoquaient aussi une origine volcanique pour ces gaz, mais il apparaît clairement qu’ils sont en grande partie libérés par des micro-organismes dans les profondeurs du lac. Une partie du gaz carbonique, issu du manteau terrestre, est le même qui fait pétiller les eaux des sources Ste Anne (Vallée de Chaudefour) et Goyon (à côté de Besse). Aucune augmentation du débit de ce gaz n’a été mise en évidence depuis que des mesures sont effectuées. En revanche, il a été démontré que ces gaz étaient émis par « bouffées », avant retour à un régime plus calme. Rien ne permet de dire qu’il n’en est pas ainsi depuis des millénaires…


2. la possibilité d’un effondrement en masse des flancs du cratère dans le lac qui aurait pu créer un gros débordement du Pavin ou même « retourner » ses eaux en portant en surface des gaz stockés en profondeur. Cette éventualité a été écartée par les études réalisées par le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Celui-ci indique que depuis la fin de l’éruption, il n’y a eu que de petits glissements de terrain de faible ampleur qui ne peuvent en aucun cas produire des conséquences dommageables. Néanmoins, de nouvelles études devraient être réalisées pour préciser le risque, car des traces de débordements anciens ont été décelées.

En conclusion, il n’y a pour l’instant aucune raison nouvelle de s’inquiéter. Evidemment, il reste encore beaucoup à apprendre sur cette jeune province volcanique.
Mais ce qui est certain, c’est que le jour ou le magma remontera, si jamais il remontait, le volcan, surveillé comme il l’est en ce moment, ne surprendra personne.

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