La Chaîne des Puys

La Chaîne des Puys est le plus jeune ensemble volcanique de France métropolitaine. Son activité a débuté il y a 95 000 ans et s’est arrêtée il y a 7 000 ans environ. Elle est réputée pour la variété de ses morphologies, caractéristiques de différents types d’activités volcaniques. Ces formes sont remarquablement bien conservées, l’érosion n’ayant pas eu le temps de les émousser.

Les grandes étapes de sa formation

 

  • Les premières manifestations datent de 95 000 à 90 000 ans environ : c’est la période de la formation du maar de St Hippolyte.

  • Entre 70 000 ans et 60 000, les éruptions se multiplient.

  • Vient une accalmie de 15 000 ans : elle sera suivie du premier grand paroxysme de la chaîne, avec un pic d’activité il y a environ 30 000 ans.

  • Entre 30 000 et 15 000 ans, nouvelle période de repos, seulement interrompue par quelques rares éruptions.

  • De 15 000 à 12 000 ans, le second paroxysme de la chaîne débute : formation du puy de Barme et du puy de Côme. C’est aussi la fin de la période glaciaire, le radoucissement du climat modifie le couvert végétal et favorise la démographie humaine dans la région. Il est ainsi évident que des hommes ont assisté à des éruptions volcaniques dans la Chaîne des Puys.

  • Les plus violentes éruptions se produisent entre 12 000 et 8 500 ans. C’est la période de la formation des dômes, en particulier : le Sarcoui, le puy de Dôme, le puy Chopine. Les dernières éruptions auront lieu vers - 8 000 ans, plus au sud, formant les puys de la Vache et de Lassolas.

  • Enfin, autour de - 7 000 ans et en moins de 200 ans, se forment les quatre volcans de l’ensemble méridional, avec des éruptions pour certaines violentes, notamment celle du Pavin.

La particularité de la Chaîne des Puys est d’être composée de volcans « monogéniques », c’est-à-dire qu’ils sont issus d’une éruption unique et brève (quelques semaines à quelques mois pour la plupart d’entre eux).

Cônes et coulées de lave associées

Ces volcans ont habituellement la forme d’un cône tronqué, avec au sommet une dépression circulaire bien visible : le cratère. Au moment de l’éruption, la libération des gaz provoque des explosions modérées et rythmées, le magma assez fluide étant pulvérisé et projeté en lambeaux. Les fragments de lave retombent ensuite et s’accumulent en couches successives autour de la cheminée volcanique. Si le magma a perdu une partie de ses gaz, ces explosions se raréfient et il émerge de façon beaucoup plus calme, donnant naissance à des coulées de lave. Elles sortent en général à la base du cône de scories, s’épanchent sur le plateau des Dômes ou empruntent les vallées avoisinantes.

Dômes et coulées pyroclastiques associées

Les dômes ont une forme arrondie «de bol retourné» et sont dépourvus de cratère. Ils résultent de l’extrusion d’un magma très visqueux qui s’accumule au-dessus du point de sortie. Cette extrusion est accompagnée de phénomènes explosifs parfois violents ; ceux-ci déclenchent des avalanches de débris et de gaz brûlants (nuées ardentes) ou de simples écroulements des flancs du dôme, produisant un talus de blocs et de cendres. Enfin, dans certains cas de viscosité extrême de la lave, celle-ci s’extrude lentement à l’état presque solide sous la forme d’un piston appelé « aiguille » ou « protrusion ».

Maars

Les maars sont des dépressions volcaniques circulaires, souvent occupées par un lac ou par une tourbière (pour les plus anciens). À la différence des cônes et des dômes, ces dépressions ouvertes à l’emporte-pièce résultent d’une série de violentes explosions liées à la rencontre du magma avec des eaux superficielles. En effet, lors de sa migration vers la surface, le magma peut rencontrer l’eau d’une nappe phréatique, d’un lac ou d’une rivière.
Sous l’effet de la chaleur, cette eau est vaporisée, donnant à l’activité un caractère fortement explosif : c’est ce qu’on appelle une « éruption phréatomagmatique ».
Lors des explosions, le magma est pulvérisé sous forme de cendres et des dépôts stratifiés caractéristiques se forment. Ils constituent un anneau de projections ou un croissant autour du cratère d’explosion. Ils renferment aussi de gros blocs du socle arrachés au sous-sol et des bombes volcaniques dites « en chou-fleur ».